INTERVENTIONS DES ENTREPRISES EN MILIEU SCOLAIRE

L'affichage publicitaire au sein des écoles
Exposé
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Depuis plusieurs années des sociétés privées en affichage publicitaire sont parvenues à implanter des panneaux d’affichage dans les enceintes de nombreux établissements scolaires. Essentiellement orientés vers l’annonce de films ses affichages se veulent "informatifs" ou "culturels" et prétendent répondre à une attente de ces établissements. Mais à la lecture des décisions du Conseil d’administration de certains de ces établissements (ceux que nous avons pu obtenir) il apparaît bien qu’il s’agit d’une part de sollicitations des entreprises privées et d’autre part d’affichage publicitaire . Par exemple :
« Une société Scaramouche propose de poser six panneaux publicitaires - réfectoire et abords cafétaria - concernant des films, musées, théâtre, exposition à l’exception de toute affiche portant atteinte aux valeurs que défend l’Ecole. »

Il apparaît également que ces affichages publicitaires annoncent des film dont il est permis de douter de la qualité culturelle ou pédagogique : « American pie 2 », « Sex academy », ... et plus généralement des grosses productions holywoodiennes. Information et pédagogie disent-ils ?
.
Ces contrats d'affichage - car c'est bien de cela qu'il s'agit - prévoient une rémunération pour l'établisement scolaire d'environ 150 € par panneau et par an ! Combien perçoit de son coté la société d'affichage de la part des productions cinématographiques ou agences de communication pour chaque contrat signé avec un établisement scolaire ? dix fois, cent fois plus ? Ca c'est de la pédagogie !

Ces contrats sont très succincts mais définissent clairement qui fait quoi : l'établisement scolaire « autorise la société "x" à mettre en place et afficher régulièrement x supports d'affichage.
[...]
Le responsable d'établissement se réserve le droit d'interdire toute affiche non conforme à l'éthique de l'établissement.
Ces formats seront exclusivement résevés à la société "x". »


Ainsi, même si le chef d'établissement à un droit de retrait, ni lui ni aucun membre de l'établissement scolaire n'a de droit sur les contenus de l'affichage et ni ne les choisissent.

Enfin, le contrat prévoit une clause de tacite reconduction, c'est à dire qu'à défaut d'être dénoncé dans le délai prévu au contrat (2 mois avant le terme en général) celui-ci repart automatiquement pour une nouvelle période qui est de deux ans en général. Outre cette hypocrysie il est évident que les Conseils d'administration des établissements scolaires ayant décidé de signer de tels contrats sont en dehors de toute légalité. Les textes étaient et sont toujours très clairs sur ce point puisque le « Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire » n'aborde pas cette question précisément. Il suffit donc de se référer aux textes précédents et notamment à la circulaire du 9 août 1999 (BOEN n°30 du 02/09/99) pour le comprendre.

Ayant eu connaissance du cas dans le lycée/collège Hélène Boucher à Paris 20è nous avons décidé en octobre 2003 de soutenir l'action engagée depuis plusieurs mois par un groupe d'élèves souhaitant le retrait de ces panneaux et le respect de la législation en la matière. Nous avons écrit au Proviseur de cet établissement. L'association RAP (résistance à l'agresion publicitaire) était également de la partie. Le groupe d'étudiants a du continuer à exercer de fortes pressions pendant plusieurs mois pour obtenir enfin le 10 février 2004 une décision du Conseil d'administration permettant de mettre un terme au contrat d'affichage et faire retirer les panneaux publicitaires. Bravo à eux.

Dans un autre établissement scolaire, le lycée professionnel Boulle de Pantin, la conviction de quelques uns avait déjà permis en novembre 2003 le retrait des panneaux d'affichage publiciatires implanté dans l'établissement. Le contrat était identique à celui du lycée H. Boucher.

Mais l'affichage publicitaire ne se caractérise pas nécesairement par des affiches dans des panneaux ou par un contrat spécifique entre l'étabissement scolaire et une agence privée.
En effet, il peut prendre la forme de cartes dites "postales" mises à disposition des élèves dans un présentoir prévu à cet effet. Là il n'y a aucun contrat, aucune rémunération... tout est gratuit, quel bonheur ! De la pub pour des autos, des téléphones portables, des voyages, des cosmétiques, etc, etc, le tout au format 10X15 cartoné où l'on ne peut rien écrire puisque le dos des dites cartes est parasité par divers messages publicitaires. Encore, l'affichage publicitaire sur paneau peut être dans une enceinte scolaire en dehors de tout contrat avec l'établissement : la cour d'une école est surplombée par un mur aveugle d'un immeuble d'habitation sur lequel à hauteur nettement visible des élèves est aposé un panneau publicitaire. Le contrat est passé avec le syndic de l'immeuble d'habitation puisque c'est son mur et l'école n'aurait rien à dire... (voir à ce propos la lettre au Président du Conseil régional de Bretagne d'un enseignant ou parent d'élève de la ville de Pontivy).

Le phénomène de l'affichage publicitaire dans les écoles tend à prendre de l'ampleur. Même si certains établissements déjà touchés finissent par retirer les affichages il en reste encore beaucoup puisque selon une journaliste de Politis, une centaine d'établissements scolaires à Paris et en périophérie seraient concernés.
C'est pourquoi notre Collectif Attac Ile-de-France Education avec la Commission Education d'Attac France souhaite inventorier l'ensemble des établissements scolaires concernés par l'affichage publicitaire quelqu'en soit la forme (affiches sous panneaux, cartes "postales",...) afin d'engager une action générale pour y mettre un terme. Nous lançons donc un appel en ce sens.

Lire l'appel